mercredi 30 juillet 2008

Un Bloc à rénover ou à déménager?

Nous savons tous que le Bloc Québécois est un parti qui prône (au mauvais endroit?...) l’indépendance du Québec. Peut-être est-il temps de regarder les positions du Bloc, malgré leur impuissance, sur d’autres dossiers…

Regard sur la dernière plate-forme électorale bloquiste

La toile de fond est bien-sûr : ‘’voici ce que nous ferons lorsque nous serons indépendant!’’.En attendant ce grand jour, il nous propose quelques changements, certains plus inquiétants que d’autres...

En matière d’éducation post-secondaire, le bloc propose un amendement à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité en vue d’abolir la clause discriminatoire envers les étudiants! La loi actuelle prévoit un délai de dix ans après les études avant de pouvoir faire faillite. On veut ramener le tout à 2 ans. Eh oui, ainsi les étudiants pourraient faire faillite suite à leurs études plutôt que de rembourser leurs prêts! Belle manière de les responsabiliser…

Le Bloc réclame une présence accrue sur la scène internationale pour le Québec. Bien que le gouvernement conservateur ait donné un siège à l’Unesco, le bloc sait pertinemment que le Québec n’est pas un pays et ne peut pas ainsi recevoir cette reconnaissance tout azimuts. C’est ainsi partout dans le monde, même dans les pays constitués de plusieurs nations reconnues (Belgique, Grande-Bretagne, Suisse, etc.) La meilleure manière pour le Québec d’être reconnu internationalement, c’est de détenir dans l’équipe au pouvoir une bonne représentation et ainsi être réellement présent. Ce que le bloc ne pourra jamais faire.

Concernant la nomination des juges, deux éléments de la plateforme bloquiste semblent sortir d’un cerveau schizophrénique. On y lit premièrement : ‘’Le Bloc Québécois continuera de réclamer une réforme du processus de nomination des Juges de la Cour Suprême qui prévoit que chaque poste québécois revienne à une personne proposée par le gouvernement du Québec’’. Puis un paragraphe plus loin, on peut lire : ‘’Le Bloc Québécois continuera à dépolitiser le processus de nomination des Juges’’. C’en est presque drôle !

On y propose aussi des changements à la formule de péréquation afin que le Québec soit plus favorisé. Il est déjà gênant pour une société comme le Québec de vivre au crochet du reste du Canada. Il est encore plus gênant de voir un parti qui prône l’indépendance complète du reste du Canada lui en demander davantage en attendant!

Un bloc encore pertinent?

Un grand nombre de députés bloquistes ont abandonné l’aventure fédérale, conscients de leur inutilité à Ottawa. Plusieurs ont opté pour Québec, là où peut se décider vraiment la souveraineté. La visite éclair de leur chef dans l’anti chambre du Parti Québécois est l’aveu le plus clair du manque de pertinence de ce parti. Il est temps pour eux de se poser la "question qui dérange": Sommes-nous au bon endroit pour faire avancer la souveraineté?

Le Bloc tiendra un Congrès National en octobre 2008. Au lieu de discuter de propositions qui ne passeront jamais la rampe au niveau national (le Bloc est le deuxième parti d’opposition…) il est peut-être venu le temps d’envisager sérieusement un retour au bercail. D’autant plus qu’avec les dernières déclarations de Pierre Curzi, Daniel Turp et Martin Tremblay, Mme Marois aura sans doute besoin d’aide!

Daniel Castonguay
Contrecœur


lundi 21 juillet 2008

La grande séduction ou la grande désillusion?


La venue d’un médecin à Verchères est annoncée comme un évènement marquant. Verchères n’est pourtant pas une région éloignée sans attrait mais une belle petite bourgade à quelques kilomètres de Montréal.


Cette annonce quoiqu’heureuse marque cependant à la fois la faillite de notre système de santé public. Il n’est tout simplement pas normal que la population québécoise ne puisse bénéficier de soins de première ligne et qu’on s’arrache ainsi les médecins disponibles.

Deux faits sont malheureusement incontournables : Il manque de médecins et il manque d’argent pour en payer plus. Une solution à cette problématique existe et est appliqué dans plusieurs pays du monde : un système de santé mixte.

Par exemple, nous pourrions former beaucoup plus de médecins et réintroduire les quotas de pratique abandonnés vu le manque de médecins. Par la suite nous pourrions permettre aux médecins ayant accompli leur quota de pratique public de faire de la pratique privée. Ainsi le système public demeure intact et un système privé parallèle viendra désengorger le système public. Il serait envisageable également de louer les équipements publics aux médecins privés, ajoutant ainsi des revenus au réseau public.

Bref, des solutions aux problèmes actuels existent, ne manque que des politiciens courageux. Quoiqu’il en soit souhaitons tout de même une chaleureuse bienvenue à Dr Roman dans notre belle région!

Et ça rêve de devenir ministre de la Culture?


Le député Curzi par ses déclarations concernant la venue de Paul McCartney, outre le fait qu’il nous a ridiculisé aux yeux de la planète, nous a permis également de constater sa grande ‘’ouverture d’esprit’’.

Emprisonné dans son rêve nationaliste, ressassant des faits vieux de 250 (!) ans, le voilà perdu dans un autre siècle! La France et l’Allemagne de 1945 ont fait la paix et sont assis à la même table au sein de l’Union Européenne. Mr Curzi lui, semble chercher encore à venger les Patriotes de 1840…

Et malheureusement, nous devons lui donner une petite leçon de culture : L’anglais est la langue du rock’n roll comme l’italien est la langue de l’Opéra…Paul McCartney est maintenant une légende et il nous a fait cadeau d’un de ses rares spectacles. Pour nous tous l’événement culturel a transcendé les querelles linguistiques, mais pas pour Mr. Curzi.

Lui reste à venir nous rejoindre en 2008…

mercredi 16 juillet 2008

Des nationalistes perdus dans un autre siècle...


Un groupe de nationalistes québécois est inconfortable avec la venue de Paul McCartney aux Fêtes du 400 ème de Québec. Son crime : il est le descendant des britanniques nous ayant conquis il y de cela…250 ans.

Ces nationalistes devraient plutôt prendre exemple sur leur mère-patrie tant chérie, la France : En 1945, la France et l’Allemagne étaient en guerre et se sont infligé des sévices impensables. Ils sont aujourd’hui de façon adulte et responsable assis à la même table au sein de l’Union Européenne,

Faire porter le blâme sur l’ex-Beatles pour les crimes commis contre les Patriotes, c’est faire payer à l’arrière, arrière petit-fils un crime commis par l’arrière grand père!

Paul McCartney n’en déplaise à certains est une légende qui a marqué notre vie et teinté nos souvenirs depuis plus de 40 ans. Je crois de mon côté que nous envoyons plutôt un superbe message au monde en le recevant : Nos querelles du passé sont terminées et nous sommes ouverts sur le monde moderne ! N’est-ce pas aussi le sens de cette fête?

Reste à quelques nationalistes à venir nous rejoindre en 2008…

dimanche 13 juillet 2008

Le Ministre Bolduc, futur Ministre des Transports?


Nous nageons maintenant en plein délire. Après tant d’années d’immobilisme de la part du ministre Couillard, voilà que son successeur veut s’inspirer des techniques d’un constructeur automobile!

Il aurait pourtant tout avantage à plutôt s’inspirer des systèmes de santé mixtes des démocraties européennes. Pourquoi cette peur d’aller voir ce qui se fait de bon à l’extérieur et de l’appliquer ici? Pendant ce temps deux projets broyeurs de fonds publics suivent toujours leurs cours (CHUM 1.7 milliards, carte à puce 400 millions) sans que le nouveau ministre ne s’interroge sur leur utilité réelle.

M. Bolduc, nous avons bien plus besoin d’un sommet réunissant les principaux ministres de la santé des pays industrialisés afin de comparer nos modèles que des conseils d’un manufacturier automobile aussi illustre soit-il!

samedi 5 juillet 2008

Les FARCS en Colombie : le chapitre final?

Le ministre de la défense Santos en compagnie de Shakira


La libération de Ingrid Betancourt cette semaine a semé la joie partout dans le monde sauf dans les campements FARCS en Colombie et au…bureau d’ Hugo Chavez qui ne s’ est manifesté que par un simple communiqué et une déclaration d' usage alors qu’on le voit occuper les ondes ( de façon obligatoire…) pratiquement pout tout sauf la météo…

Les FARCS auront fait souffert ce pays. Des émeutes de Bogota en 1948 à lesquelles participa Fidel Castro, des multiples enlèvements et meurtres d’innocents ou de gens simplement coupable d’être des…policiers au trafic de cocaïne aujourd’hui, ces gens auront fait perdre 50 ans de bonheur au colombiens.

Même le président Correa de l’Équateur souligne aujourd’hui que si Che Guevara était vivant, il mourrait de honte devant le comportement des FARCS. La loi des dominos que comptait utiliser Hugo Chavez pour amener l’Amérique Latine vers le socialisme bolivarien semble maintenant se renverser. En Bolivie le mouvement sécessionniste des provinces prend de l’ampleur malgré l’appui de Chavez à Morales et les pétrodollars.En Colombie, Uribe est assis sur un taux de satisfaction des électeurs de plus de 90 %. Ortega est très contesté au Nicaragua. Quand au Venezuela, l’opposition tarde comme toujours à s’unir mais on s’attend à un bon recul de Chavez aux prochaines régionales en novembre.

Tant qu’au pays phare de ces socialistes bolivariens, il est en mode changement : Raul Castro et Fidel ne semblent plus sur la même longueur d’onde. Les longs éditoriaux de Fidel dans les courts journaux Juventud Rebelde et Granma ne sont plus requis, même s’ils sont encore publiés pour la presse internationale.

Les autorités colombiennes détiennent encore beaucoup d’informations reliant Chavez aux FARCS dans les ordinateurs du terroriste tué Reyes ce qui laisse ce premier sans beaucoup d’alternative! La Cour Supérieure de Colombie vient d’ouvrir contre la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, grande alliée de Chavez, une enquête préliminaire avec des preuves recueillies sur ces ordinateurs.

De la dernière année ressort deux gagnants dans ce conflit .Premièrement le président colombien Uribe qui par son attitude et sa détermination face aux FARCS a renversé la tendance. Deuxièmement, les États-Unis qui sont toujours restés solidaire autant en parole qu’en appui logistique. Ils ont maintenant un allié solide en Amérique Latine.Reste à espérer que les démocrates américains reconsidéreront leur projet de revenir sur le traité de libre-échange avec la Colombie. Après tant d’ années de souffrance, les colombiens, peuple fier et travaillant , méritent bien cela !

Jean Berthiaume
Contrecoeur

jeudi 3 juillet 2008

De la crainte d’assumer ses opinions et de respect…

Dans sa dernière réponse à mon texte sur l’hymne national et lui, Mr Bergeron semble penser que le créateur du blogue Jean Berthiaume craint d’assumer ses opinions en son nom propre. Cette remarque surprend le créateur de ce blogue : comment un blogueur autant publié pourrait craindre d’assumer ses opinions? Ne vous en déplaise, Jean Berthiaume fût plus présent dans les médias nationaux que vous dernièrement.

Jean Berthiaume est le véhicule choisi par l’auteur de ce blogue pour brasser les idées dans le comté et partout au Québec. Volontairement il a choisi de dépersonnaliser son personnage afin que le tout ne tourne pas à un culte de personnalité mais demeure un débat d’idée. Loin de craindre d’assumer ses opinions, il est connu de tous justement pour ses idées et en est fier. Dans tous ses textes, quelquefois je l’admets avec un humour abrasif, il s’en est tenu à la facette publique du travail du député. La vie privée du député n’a jamais été mise en cause et fut toujours respectée.

Tant qu’à ne pas respecter une position à laquelle une majorité de gens croit, l’humble blogueur reste interloqué : Il croyait qu’un leader devait tracer la voie pas suivre la parade!

En bout de piste il est tout de même paradoxal de vous voir M. Bergeron réclamer de publier vos répliques alors qu’elles n’ont pas été publiées ailleurs! Je le ferai de bonne grâce puisque votre personnel me le demande: Jean Berthiaume et son auteur ne craignent pas d’assumer leurs opinions et aiment bien les débats! Mais pour vous aidez à vous voir publié un peu plus à l extérieur de mon site je vous suggère simplement de raccourcir vos textes et de les agrémenter d’une touche d’humour!

Jean Berthiaume
Contrecœur

Réplique du Député Stéphane Bergeron au texte:''Mr le Député Bergeron et l' hymne national.''

LE RESPECT N’EST PAS UNE VALEUR À SENS UNIQUE…

Je suis tombé tout à fait par hasard sur le blogue du dénommé Jean Berthiaume (il appert, en définitive, qu’il s’agisse d’un pseudonyme, l’auteur véritable craignant probablement d’assumer au grand jour ses opinions…). J’ai pu constater qu’il a commis un certain nombre de textes polémiques dans lequel il me prend joyeusement à partie, dont le dernier en lice, intitulé "L’hymne national et monsieur le député Stéphane Bergeron…". J’apprécie toujours l’attention que me témoigne ce soi-disant Jean Berthiaume, mais je dois dire que cette dernière diatribe me semblait tout particulièrement tomber dans la facilité…

C’est très mal me connaître de prétendre que j’aie pu manquer de respect à quelque hymne national et, plus spécifiquement, au Ô Canada. Ce monsieur a très bien fait de rappeler les origines de ce chant patriotique. Celles-ci comptent au nombre des raisons pour lesquelles l’œuvre est digne de respect. Il a toutefois oublié de préciser, peut-être intentionnellement, que lorsque le Canada en a fait son hymne national, en 1980, il a délibérément omis plusieurs couplets et pour cause. Lorsque l’honorable juge Basile Routhier écrivait "Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant, le Canadien grandit en espérant", ce n’est certes pas aux riverains du Fraser ou du MacKenzie qu’il faisait référence, mais bien aux habitants de la vallée du Saint-Laurent, ceux que, depuis des lustres, on appelait simplement les "Canadiens".

Déjà, sous le régime français, les natifs du pays étaient connus sous le vocable de "Canadiens". Après la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, en 1867, les "Canadiens", pour se distinguer des "Anglais" qui s’étaient établis sur le territoire et qui, au fil des années, avaient également fini par s’identifier par ce même vocable, ont pris l’habitude de se désigner sous le nom de "Canadiens français", par opposition aux "Canadiens anglais". Ce n’est qu’après la Révolution tranquille que l’identité de "Québécois" s’est progressivement imposée.

Par la suite, le soi-disant Jean Berthiaume y va d’une interprétation pour le moins obtuse et échevelée de la notion de respect. Il réduit le respect dû à une nation au fait d’entonner son hymne national… Or, je le mets au défi de me reprocher de ne pas m’être levé et même de ne pas m’être mis au garde-à-vous chaque fois que les premières mesures du Ô Canada étaient jouées. N’est-ce pas là le respect dû à chaque hymne national? On ne peut évidemment pas tenir rigueur à quiconque de garder le silence, en tout respect, pendant la prestation d’un hymne national dont il ne connaîtrait pas nécessairement les paroles. Affirmer le contraire tient de la fabulation.

Si, dans le cas du Ô Canada, je connais bien sûr les paroles accompagnant la mélodie, je me garde bien de l’entonner, en raison du détournement de sens qu’on leur a fait subir, comme je l’évoquais plus haut et comme le reconnaît candidement lui-même le dénommé Jean Berthiaume. Ce n’est certes pas manquer de respect à une nation que de garder le silence pendant que son hymne national est joué. D’ailleurs, compte tenu de mes capacités vocales effectivement limitées, c’est plutôt l’inverse qui pourrait être considéré comme un manque de respect…

Finalement, je m’inscris en faux contre l’interprétation nettement abusive que fait le soi-disant Jean Berthiaume des résultats de la dernière élection. S’il est vrai que près des deux-tiers des électeurs de la circonscription de Verchères m’ont cette fois préféré une autre candidature, on ne saurait en tirer la moindre conclusion quant à leur opinion concernant le statut politique et constitutionnel du Québec et du Canada. N’y avait-il pas, parmi ces autres candidatures, des souverainistes/autonomistes? Et que fait ce monsieur des cinq élections précédentes, au termes desquelles la majorité des électeurs m’ont accordé leur confiance?


En fait, la dernière référence la plus crédible, pour tenter d’interpréter la volonté des citoyennes et citoyens de notre circonscription, par rapport à notre avenir politique et constitutionnel, est le résultat du référendum de 1995… où plus des deux tiers des électeurs avaient voté OUI! Par conséquent, je demeure très à l’aise avec la position que ma formation politique et moi-même défendons à ce chapitre…

Pourquoi le soi-disant Jean Berthiaume s’entête-t-il donc à ne pas respecter cette position?

STÉPHANE BERGERON
Député de Verchères

Article d' origine de Jean Berthiaume ici :
http://jeanberthiaumecitoyenvirtuel.blogspot.com/2008_03_01_archive.html

mercredi 2 juillet 2008

L’amour des nôtres ou la haine des autres?

Comme une majorité de québécois francophones à l’époque, j’ai applaudi l’arrivée de René Lévesque. Tous ensemble nous allions nous relever les manches et faire de notre Québec un pays juste et prospère. C’était un projet imprégné d’idéalisme mais le monde était ainsi à l’époque!

La défaite du référendum de 1980 fût une douche d’eau froide pour tous. Par la suite nous avons tranquillement oublié ce projet entrainé dans nos propres vies, élevant nos enfants et travaillant. Le rejet de l’Accord du Lac Meech a donné un sursaut à notre rêve d’antan. Mais dès ce moment notre jouet était brisé : il ne reposait plus maintenant sur l’amour des nôtres mais sur la colère que nous entretenions envers le reste du Canada.

Encore aujourd’hui l’équation demeure : Le mouvement souverainiste carbure maintenant avec l’animosité. Le nombre de fois ou l’on a tenté de démoniser Stephen Harper est incalculable. Pourtant ce premier ministre s’est montré plus ouvert au Québec que tous ces prédécesseurs pourtant québécois d’origine.

Un retour à la source s’impose chez nous maintenant. Nous devons voir maintenant si notre rêve de nation juste et prospère ne pourrait pas se faire à l’intérieur des frontières actuelles. La mondialisation fragilise ces frontières et des ennemis comme la France et l’Allemagne de 45 sont maintenant assis à la même table ! La survie de notre nation peut se faire sous le régime actuel : nous en sommes la preuve vivante! De plus notre communauté anglophone, avec nous depuis 200 ans, mérite du respect de notre part : ils ne sont pas une menace mais plutôt des gens qui ont contribué à rendre le Québec ce qu’il est !

L’heure est au choix : construisons-nous tous ensemble un pays ou il fait bon vivre en trouvant entre nous tous, québécois et canadiens anglais, des pistes de solutions aux vrais problèmes qui nous affligent à savoir la qualité du système de santé, nos impôts usuraires, la pauvre qualité de nos services publics, ou encore continuons-nous notre éternel combat afin d’ arriver à faire seul ce que nous pourrions faire en commun ?

Jean Berthiaume
Contrecœur

Réplique du Député Stéphane Bergeron au texte ''Nos vieux rêves...''



UN VIEUX RÊVE?

Dans une lettre ouverte publiée dans ces pages, il y a quelques semaines, un dénommé Jean Berthiaume recommandait à mots couverts aux souverainistes de «changer de rêve». Ou était-ce plutôt de «rêver à autre chose» ou encore, tout simplement, de «cesser de rêver»… Quoiqu'il en soit, l'objectif est le même, soit d'inviter les souverainistes à abandonner à tout jamais ce noble idéal qui les anime et qui, à d’autres époques et en d’autres lieux, a permis la naissance de pays qui suscitent encore aujourd’hui l’admiration du monde. Je lui sais gré de ce conseil amical, que je considère néanmoins complètement illusoire et déconnecté de la réalité.

Sur quelle planète, en effet, vit donc ce monsieur? La même question pourrait d'ailleurs être posée à toutes les personnes qui pensent candidement que l'idée de la souveraineté peut disparaître comme par enchantement du paysage politique québécois, fut-ce de façon lente et progressive. Le désir irrépressible d'émancipation des Québécoises et Québécois fait intrinsèquement partie de notre réalité collective. Il a pris naissance dès le moment où la conquête fut consommée, pour se manifester de façon maladroite et courageuse, dans les soubresauts désespérés du mouvement patriote. Il est par la suite entré dans une sorte de torpeur latente, dont il allait émerger dans les décennies de l'après-guerre. Et pour cause, puisque cette période, qui se poursuit encore aujourd’hui, allait voir apparaître une multitude de nouveaux pays dans le concert des nations. D’une quarantaine qu’ils étaient, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays souverains sur la planète sont maintenant près de 200.

Dans la foulée de la Révolution tranquille, l'expression moderne de ce désir irrépressible d'émancipation, qui s'est incarné, vers la fin des années soixante, dans ce véhicule politique qu'allait devenir, pour lui, le Parti Québécois, n'a jamais cessé sa lente, mais inexorable progression. Encore aujourd'hui et en dépit des difficultés ponctuelles qu’a connues le Parti Québécois, le niveau d'appui à la souveraineté continue d'osciller autour de 42% (soit près de 60% chez les francophones). Aucun peuple, dans l'histoire de l'humanité, n'a jamais entrepris sa marche vers sa souveraineté, pour finalement s'arrêter, en cours de route, en se disant qu'il avait poursuivi des chimères pendant tout ce temps…

Grand a dû être le désespoir des Patriotes qui, montant sur l'échafaud ou qui, croupissant dans les geôles britanniques ou dans les cales humides des navires qui les conduisaient à l'exil, ont cru assister à l'effondrement définitif d'un grand rêve. Grande a dû être la satisfaction du conquérant, qui était convaincu d'avoir écrasé à tout jamais la moindre velléité d'autonomie chez ce peuple qu'il méprisait et qu'il croyait dépourvu d'histoire et de culture. Et pourtant, le rêve n'est pas mort et beaucoup de Patriotes auront pu voir, de leur vivant, la réalisation de certaines des idées pour lesquelles ils avaient lutté, dont celles touchant l'établissement d'un gouvernement véritablement démocratique et responsable, de même que certaines libertés civiles et politiques.

L'attitude naïve, mais opiniâtre, des ténors fédéralistes, qui semblent se cantonner dans l'attente passive de la disparition apparemment inéluctable de la souveraineté fait peine à voir. Sans la moindre générosité et sans la moindre volonté d'ouverture, ils s'entêtent à croire que nous nous résoudrons à n’être docilement que ce qu'ils voudraient que nous soyons. Les promesses faites aux Québécoises et aux Québécois, en 1980 et en 1995, ont été vilement trahies, ce qui explique le cul-de-sac actuel. Le contrat moral est définitivement rompu et seule la souveraineté pourrait mettre un terme à ces chicanes stériles qui nous paralysent et qui entravent notre capacité de mouvement dans ce monde en pleine transformation.


La souveraineté n'est pas qu'un simple rêve; il s'agit d'une aspiration profonde à construire notre développement sur de nouvelles bases, de cette conscience du fait que nous avons atteint le degré de maturité requis pour assumer nous-mêmes notre propre destinée. N’est-ce pas ce que le Canada a lui-même fait en 1931?

Quant aux arguties incessantes sur le pourcentage de voix requis pour que la souveraineté soit valide et viable, notons que, curieusement, chez les fédéralistes, on ne s’est jamais interrogé sur la validité et la viabilité du résultat de 50,4% de voix obtenu par le NON, lors du référendum de 1995. On n’a pas davantage remis en question le résultat de quelque 52% obtenu en 1949, au terme d’un deuxième référendum, en faveur de l’adhésion de Terre-Neuve à la fédération canadienne. Si 52% c’est suffisant pour entrer dans le Canada, c’est certainement suffisant pour en sortir, d’autant que la population québécoise n’a jamais été démocratiquement consultée pour avaliser notre adhésion à la fédération canadienne. En fait, celle-ci ne repose que sur un simple vote gagné par la peau des fesses à l’assemblée législative de l’époque…

Et que dire de cet argument également invoqué par monsieur Berthiaume pour démontrer le caractère anachronique, selon lui, des aspirations souverainistes: le français, selon lui, serait mieux défendu et bien implanté au Québec. Mais où se trouvait monsieur Berthiaume lorsque les études de Statistique Canada et de l’Office de la langue française ou encore l’enquête menée par Le Journal de Montréal ont clairement démontré le recul significatif du français partout au Canada, même au Québec et particulièrement à Montréal?

D’aucuns prétendent encore que le Canada constitue un rempart contre le phénomène d’assimilation et une garantie pour la survie et le rayonnement du fait français en Amérique du Nord. Cette prétention est pourtant démentie par les statistiques démontrant le taux effarant d’assimilation des francophones au Canada. Rappelons-nous également qu’au début du siècle dernier, les francophones étaient largement majoritaires au Manitoba. Aujourd’hui, ils représentent moins de 10% de la population de cette province…

Quant à cette affirmation selon laquelle l’anglais, qui serait «devenu la langue de communication internationale, n’est plus un ennemi à combattre mais un outil à utiliser», je désire apporter quelques bémols. D’une part, rappelons-nous qu’une «langue de communication internationale» est bien passagère, dans l’histoire de l’humanité… Il fut un temps où c’était le grec, puis le latin et, il n’y a pas si longtemps encore, le français. D’ailleurs, le français et l’anglais sont aujourd’hui les deux seules langues qui sont parlées sur tous les continents de la planète. C’est pourquoi il est non seulement utile, mais indispensable d’apprendre l’anglais. Mais pourquoi ne devrions-nous pas également apprendre une troisième et même une quatrième langue, l’espagnol, par exemple, qui est la langue la plus couramment parlée sur notre continent? Mais en quoi cela serait-il incompatible avec la souveraineté du Québec, je vous le demande?

Monsieur Berthiaume plaide pour que nous participions à différents sommets avec les pays industrialisés pour partager nos expériences respectives en de nombreuses matières. Considérant que le Québec est présentement absent des forums internationaux où sont débattues ces questions touchant de plus en plus notre quotidien, c’est exactement ce que nous proposons de faire avec la souveraineté. Le Québec pourrait alors faire profiter le monde de son caractère original et tirer directement les leçons de ce que vivent nos semblables partout sur la planète. C’est cela, faire partie du concert des nations!


Stéphane Bergeron
Député de Verchères

Texte d' origine de Jean Berthiaume ici:

http://jeanberthiaumecitoyenvirtuel.blogspot.com/2008/01/nos-vieux-rves.html




Mr Berthiaume et ses amis...

La popularité de Mr Jean Berthiaume l'a condamné à s'adjoindre des collaborateurs virtuels.Bienvenue à Jean Bellerive de Verchères et Pierre Langlois de Montréal !